Le Dernier Cèdre du Liban aux Molières
Le Dernier Cèdre du Liban, mis en scène par Nikola Carton et écrit par Aïda Asgharzadeh, obtient trois nominations aux Molières : Meilleur second rôle pour Azeddine Benamara, Meilleur Comédienne dans un spectacle de théâtre privé pour Magali Genoud, Révélation féminine pour Maëlis Adalle. Nous sommes particulièrement touchés par cette reconnaissance pour de multiples raisons. Tout d’abord, Alphafilms a suivi cette pièce dès sa création en 2017. Il y a neuf ans donc, à l’aube de sa première représentation publique au Théâtre de Gascogne à Mont de Marsan, nous filmions la première captation du spectacle et réalisions son premier trailer.
Dans les années qui suivirent, la pièce a eu une vie formidable, enchainant de nombreuses représentations en France et à l’étranger, s’exposant au festival d’Avignon par deux fois et recevant un accueil public incroyable jusqu’en 2021. C’est cette même année qu’Alphafilms a pu refilmer le spectacle pour sa dernière représentation. Comme toute création théâtrale, il avait subtilement évolué, mûri avec le temps, et c’était une joie pour nous de fixer cette maturation en images et en sons. C’est une des plus grandes poésies du théâtre et des arts dits « vivants », d’être capable de se transformer, de grandir, se préciser, au fur et à mesure des expériences de scènes et de représentations. Et c’est une des plus grandes beautés du cinéma et des arts audiovisuels que d’être des passeurs de mémoire, des points fixes dans le temps sans cesse en mesure avec le présent.
Sur ce point, la relation d’Alphafilms au Dernier Cèdre du Liban est à l’image de ce que nous tentons d’exprimer depuis notre création, un espace intermédiaire de transmission entre la scène et l’écran, un vecteur de souvenirs capable de rompre humblement les barrières de l’espace et du temps, invitant le spectateur à se déplacer, ou non, à (re)découvrir un spectacle.
Et puis, alors que la pièce avait déjà eu une trajectoire inespérée dans le théâtre public, il y a un an, elle fut réanimée, dans le théâtre privé, par le Théâtre de l’Œuvre qui en racheta les droits et proposa à Nikola Carton de réactualiser sa mise en scène, notamment en décomposant le double rôle jusqu’alors tenu par Magali Genoud, en deux interprètes distinctes. C’est alors que Maëlis Adalle intégra l’équipe.
Pour rappel, Le Dernier Cèdre du Liban, c’est l’histoire d’Eva, abandonnée à sa naissance et pensionnaire d’un CEF (Centre d’Education Fermée) qui se retrouve tout à coup face à la vérité de ses origines. Un jour, un notaire lui transmet une dizaine de micro cassettes et un dictaphone sur lequel elle découvrira la voix de sa mère récemment décédée, Anna, grand reporter de guerre, narrant sa vie professionnelle, le contexte de l’époque (la guerre du Liban, la chute du mur de Berlin…), ses rencontres, ses doutes…
Entre passé et présent, la pièce relate la reconstruction de la relation d’une adolescente et d’une mère, chacune perdues dans leurs identités, et se retrouvant dans un espace intime semblant impossible à réconcilier, tout au moins sans compter sur la force de ce qui constitue toute histoire individuelle et collective.
Depuis 2025, la pièce a donc retrouvé vie, sous une forme nouvelle. Tout d’abord, c’est en participant à nouveau au festival d’Avignon qu’elle fit sa réapparition. Et puis, depuis le mois de septembre, elle est visible quatre soirs par semaine au Théâtre de l’Œuvre à Paris.
Ce qui nous touche encore plus en ce qui concerne cette reconnaissance par les Molières, c’est qu’un des nominés, Azeddine Benamara, se trouve être le président d’Alphafilms. Comédien de talent depuis plus de 20 ans, cette lumière tournée vers lui est amplement méritée. Azeddine a été d’une aide et d’un soutien plus que décisifs dans le développement de l’association.
Nous n’oublions pas Nikola Carton qui, depuis toutes ces années, a porté la pièce à bout de bras et s’est battu pour qu’elle existe, qu’elle subsiste et qu’elle ressuscite. Qui est parvenu à proposer du théâtre pur, dénudé de tout effet superficiel, capable de jouer des éléments simples de cet art, entre les corps, les gestes, les mots et les objets, à tenir les nuances sans les dépasser. Et surtout à mener la force d’une histoire intime dans le récit d’une Histoire universelle.
Alphafilms souhaite à toute l’équipe le plus grand des succès à cette pièce, que ce soit lors de la cérémonie des Molières qui aura lieu le 4 mai ou lors de ses nombreuses autres représentations. Longue vie au Cèdre !
Max René pour Alphafilms
N’hésitez pas à aller découvrir ce magnifique spectacle au Théâtre de l’Œuvre : https://www.theatredeloeuvre.com/spectacle/le-dernier-cedre-du-liban/